Le « Swiss Made »

Synonyme de qualité et de fiabilité, l’appellation « Swiss Made » est en matière d’horlogerie un label très convoité. L’Ordonnance fédérale réglant son utilisation laisse, en effet, une marge de manœuvre qui permet de présenter comme « suisses » des montres qui ne le sont pas toujours à 100%.

L’appellation « suisse » jouit depuis longtemps d’un très grand prestige dans le monde entier en matière d’horlogerie. Mais il a fallu attendre 1971 pour qu’un premier texte définisse ses conditions d’utilisation : Ordonnance du 23 décembre 1971. Il est alors prévu que toute montre équipée d’un mouvement assemblé en Suisse et emboîté en Suisse ou à l’étranger peut arborer la dénomination « Swiss Made ». Cependant, ces conditions, jugées trop larges, ont été l’objet de modifications le 27 mai 1992. Ainsi, depuis le 1er juillet 1992, date de leur entrée en vigueur, l’Article 1 a de l’Ordonnance prévoit des conditions plus restrictives. Une montre est considérée comme suisse :

  • si le mouvement est suisse
  • si le mouvement est emboîté en Suisse, et
  • si le contrôle final effectué par le fabricant a lieu en Suisse.

Selon l’article 2 al. 1, est considéré comme suisse un mouvement :

  • qui a été assemblé en Suisse
  • qui a été contrôlé par le fabricant en Suisse, et
  • qui est de fabrication suisse pour 50% au moins de la valeur de toutes les pièces constitutives, mais sans le coût d’assemblage.

L’ordonnance ne s’intéresse donc pas à l’origine des composants de l’habillage - cadran, aiguilles, boîtier, bracelet. Le caractère helvétique de la montre dépend avant tout du travail effectué en Suisse, même si certains composants étrangers sont mis en œuvre. Cette définition du « Swiss Made » ne fait pas l’unanimité dans la profession. Beaucoup regrettent que les marques dont toutes ou quasi toutes les composantes sont suisses (c’est généralement le cas pour le haut de gamme, notamment les manufactures) soient traitées de la même manière que celles respectant le minimum légal. Autre aspect controversé : les fameux 50% de l’article 2 al. 1. Comment les calculer ? Comment les contrôler ? L’alinéa 2 énonce certaines règles mais vu les différences de coûts entre la Suisse et l’étranger au niveau des matériaux et de la main-d’œuvre, peut-on vraiment se baser sur la valeur pour décider qu’un mouvement est « majoritairement » de fabrication suisse ? Certains réclament donc des prescriptions plus sévères, englobant également toutes les pièces de l’habillage.


Le Certificat Officiel de Chronomètre

Le certificat officiel de chronomètre atteste qu’un mouvement répond aux plus hautes exigences de précision et de fiabilité. Pour le mériter, un mouvement doit affronter seize jours d’épreuves poussées et sélectives auprès d’un organisme neutre et indépendant). Une garantie de qualité.

Selon la définition usuelle au sein des milieux professionnels de l’horlogerie, « un chronomètre est une montre de haute précision capable d’afficher la seconde, dont le mouvement a été testé durant plusieurs jours dans différentes positions et à différentes températures, par un organisme officiel neutre. Les mouvements qui satisfont aux critères de précision édictés par la norme ISO 3159 reçoivent un certificat officiel de chronomètre. ». En Suisse, le seul « organisme officiel neutre » habilité à décerner le titre de chronomètre est le célèbre COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres), fondé en 1973. Dans ses trois bureaux officiels de contrôle (laboratoires de Bienne, Genève et du Locle), le COSC, à l’aide d’un matériel ultra sophistiqué développé par ses propres ingénieurs, teste la précision des mouvements qui lui sont soumis par les fabricants. Chaque mouvement est contrôlé individuellement durant 16 jours, dans 5 positions et à 3 températures différentes (8°C, 23°C, 38°C). Pour obtenir le certificat de chronomètre, un mouvement mécanique (dont le diamètre est supérieur à 20 mm) doit remplir 7 critères éliminatoires portant sur des aspects tels que la marche diurne moyenne, la variation moyenne des marches, la différence de marche entre positions horizontale et verticale et la précision en cas de variations thermiques pour un mouvement. Les exigences minimales prévoient notamment que l’écart de marche journalier doit être inférieur à -4/+6 secondes Chaque chronomètre est identifié par un numéro gravé sur le mouvement et par un numéro de certificat délivré par le COSC. S’inspirant de la norme ISO 3159, le COSC a en outre édicté des prescriptions de contrôle applicables aux chronomètres à quartz. Le titre de chronomètre est synonyme à la fois de qualité et d’exclusivité. En effet, seules près de 4 à 5% des montres produites en Suisse reçoivent chaque année ce certificat officiel. Dans ce contexte, on rappellera que les tests du COSC sont des épreuves statiques en laboratoire, pas une simulation de porter. De même, les tests du COSC portent uniquement sur les mouvements de montres et ne concernent donc pas l’étanchéité ou la robustesse, puisque seul le mouvement est testé, pas la montre emboîtée. Il ne faut pas confondre « chronomètre » avec « chronographe » - qui désigne un garde-temps permettant de mesurer des durées.


Le Poinçon de Genève

Le Poinçon de Genève est considéré comme le symbole suprême de bien facture horlogère. Il obéit à des règles techniques et esthétiques très strictes. Il ne s’applique qu’aux mouvements de montres mécaniques assemblés sur le territoire genevois et reste l’apanage de quelques fabricants de haute horlogerie.

Institué par l’Etat genevois en 1886, le Poinçon de Genève récompense les mouvements de montres répondant aux plus hauts standards de qualité. Son règlement a été légèrement modifié au cours du XXe siècle, mais cette distinction reste le symbole suprême de qualité et de bien facture pour un mouvement mécanique. La première condition veut que le mouvement soit assemblé et réglé dans le canton de Genève par un fabricant établi dans ledit canton. Pour le reste, douze critères contiennent des spécifications très précises concernant les fournitures du mouvement (y compris les mécanismes additionnels), la construction, les matériaux, les finitions, etc. A titre d’exemple, le règlement stipule notamment que « Côté pont, les pierres doivent être mi-glace et les moulures polies » ou que « La limitation de l’angle parcouru par l’ancre doit se faire contre deux butées fixes à l’exclusion de goupilles ou de plots ». Le respect de ces critères très « pointus » est attesté par une commission placée sous le contrôle de l’Ecole Technique d’Horlogerie de Genève. Le Poinçon de Genève est matérialisé par les armes officielles du canton gravées sur le mouvement. Marque de prestige et d’excellence, il est l’apanage d’un très petit nombre de manufactures de haute horlogerie. A la différence du certificat de chronomètre délivré par le COSC, le Poinçon de Genève ne se base pas sur les caractéristiques de marche du mouvement. Il ne doit pas être confondu avec la mention « Genève » inscrite sur le cadran, indication de provenance protégée, également très convoitée.

Catalogue interactif dédié au Poinçon de Genève.


Fondation Qualité Fleurier

Le nouveau label haut de gamme Fondation Qualité Fleurier se base sur des critères très complets de nature technique et esthétique comprenant la précision, le comportement au porter ainsi que la qualité de fabrication et de finition de la montre terminée. Il est ouvert à tous les producteurs de haute horlogerie mécanique, suisses ou européens.

Créée en 2001, la Fondation Fleurier est issue d’un projet commun des marques Bovet Fleurier SA, Chopard Manufacture SA, Parmigiani Fleurier SA et Vaucher Manufacture Fleurier SA. La fondation est aujourd’hui d’intérêts public et privé supportée par les pouvoirs publics dont la Confédération Suisse (SECO), l’Etat de Neuchâtel, la Commune de Fleurier, l’association Région Val-de-Travers et la Fondation Philippe Jéquier. Ce groupe s’est donné pour but de définir un ensemble de critères rassemblés sous le concept « Fondation Qualité Fleurier », en hommage à la riche tradition horlogère de la région du Val-de-Travers. Cette démarche a abouti à la création d’un nouveau label (marque de garantie) pour les montres mécaniques très haut de gamme. Les critères d’attribution du label Fondation Qualité Fleurier reposent sur quatre exigences majeures :

  • le certificat officiel de chronomètre du COSC
  • un « test de vieillissement » Chronofiable
  • le respect des critères esthétiques requis,
  • un test de simulation de porter sur 24 heures pour la montre dans son habillage définitif, sur une machine dite Fleuritest mise au point par la Fondation).

Le label Fondation Qualité Fleurier, représenté par le logo « FQF », porte donc à la fois sur des critères techniques (précision, robustesse, durabilité) et esthétiques. Il n’est pas réservé aux marques locales voire suisses, mais ouvert à toute marque européenne offrant au public des produits finis. Le respect des critères du label est contrôlé par une Commission technique indépendante des marques horlogères membres de la Fondation


Chronofiable

Le test dit « Chronofiable » vise à attester de la fiabilité d’un mouvement au porter et dans la durée. On utilise pour cela une machine spéciale qui accélère le vieillissement en simulant les contraintes auxquelles la montre pourra être exposée (chocs, accélérations, variations de températures, d’humidité, etc.).

Pour réaliser le test « Chronofiable », les spécialistes ont recours à une machine mise au point par un consortium de fabricants horlogers. Cet équipement permet d’accélérer le vieillissement d’un facteur huit ; un cycle de tests « Chronofiable » durant trois semaines simule donc les effets de six mois de porter. Le mouvement (plus ou moins emboîté) est soumis à diverses contraintes mécaniques et physiques - chocs, accélérations, variations de températures, variations d’humidité - face auxquelles on teste son comportement (précision, réserve de marche, efficacité des diverses fonctions, etc.). Le test « Chronofiable », inspiré d’une norme NIHS (Normes de l’Industrie Horlogère Suisse), est réalisé exclusivement par le laboratoire Dubois à La Chaux-de-Fonds. A la différence du certificat de chronomètre (délivré par le COSC) où chaque mouvement est testé individuellement, il se base sur un échantillonnage. Le test Chronofiable est l’une des composantes du nouveau label Fondation Qualité Fleurier.

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