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Montres à complications

Montres chronographes

Montres spéciales pour la mesure des temps courts

Montre chronographe

Les montres chronographes sont dotées d'un mécanisme complémentaire permettant de mesurer et d'afficher des temps écoulés. Cette complication éminemment utile exige une construction raffinée, surtout dans sa forme la plus noble: le chronographe à «roue à colonnes».

Le chronographe est l'une des complications les plus récentes puisqu'il n'est apparu qu'au XIXe siècle. Avant de pouvoir mesurer des temps courts, il fallait en effet que les montres atteignent un niveau de précision suffisant et que les horlogers mettent au point un système permettant de stopper et redémarrer une aiguille sans perturber la marche du mouvement (montre à «seconde morte indépendante»).

L’horloger parisien Louis Moinet (1768-1853) imagine, après les essais infructueux de John Arnold, un appareil mesurant les soixantièmes de seconde qu’il nomme compteur de tierces. Celle-ci est la troisième subdivision en base 60 de l’heure après la minute et la seconde et utilisée en astronomie. Ce compteur a été réalisé avec la collaboration d’un horloger des ateliers d’Abraham Louis Breguet en 1815-1816. Le 1er septembre 1821, Nicolas Mathieu Rieussec (1781-1866), horloger du roi, chronomètre à l’aide d’un appareil de son invention une série de compétitions de chevaux, organisée sur le Champ de Mars à Paris. Le procès-verbal de l’Académie Royale des Sciences daté du 15 octobre 1821 et signé par Antoine-Louis Breguet et Gaspard de Prony relate que Nicolas Mathieu Rieussec a présenté à cette date un « garde-temps ou compteur de chemin parcouru », dénommé « chronographe à secondes » par l’Académie. Le 9 mars 1822, il obtient pour ce dernier un brevet de cinq ans. L’appareil porte bien son nom puisqu’il dépose une goutte d’encre sur le cadran en émail au début et à la fin de chaque mesure. Vers le milieu du XIXe siècle apparaît le système de remise à zéro. Doté de ses trois fonctions essentielles (démarrage, stop, remise à zéro), le chronographe trouve dès lors son utilité dans de nombreux domaines (sciences, techniques, sports de compétition, etc.). Les premiers chronographes-bracelets voient le jour vers 1915. Ils sont équipés, comme ceux de poche, d'un seul poussoir pour les trois fonctions, généralement logé dans la couronne. En 1934 apparaît le second poussoir indépendant pour la remise à zéro. En 1969 sont créés les premiers mouvements de chronographe automatiques. Les chronographes présentent deux types de construction au niveau du «groupe commandes». Le plus courant fait appel à une came; le plus sophistiqué utilise une «roue à colonnes», signe de reconnaissance des chronographes haut de gamme. On distingue également les mécanismes de chronographe «intégrés» des «modules additionnels» rajoutés sur le mouvement. Quant aux chronographes monopoussoirs, ils représentent de grandes prouesses mécaniques, puisque l'unique poussoir doit assurer successivement les fonctions de mise en marche, arrêt et remise à zéro.

Depuis la Renaissance de l'horlogerie mécanique, à la fin des années 1980, le chronographe a le vent en poupe. Il donne lieu à toutes sortes d'innovations au niveau de la technique et de l'esthétique. Mais rares sont les manufactures produisant elles-mêmes leurs mouvements chronographes.

Attention :

Il ne faut pas confondre «chronographe» et «chronomètre». Un chronomètre est une montre dont le mouvement a reçu un certificat officiel attestant de son extrême précision. Un chronographe peut être certifié chronomètre, mais tous les chronomètres ne sont pas des chronographes.

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