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Montres précieuses

Des premières montres joaillières jusqu'à 1675

Montre pendentif en laiton doré, à une aiguille et couvercle de protection ajouré

Lorsque la montre apparaît à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, orfèvrerie, bijouterie et joaillerie ne forment qu'un seul métier. L'orfèvre fabrique essentiellement des objets usuels destinés au service et à l'ornementation de table, à la décoration intérieure des riches demeures et à l'exercice du culte religieux. Le bijoutier fabrique des bijoux, terme incluant à l'époque pommeaux de canne, tabatières et autres objets servant à orner les personnes et les « appartements ». Tous sont dépourvus de diamants, de perles et de pierres fines mais s'agrémentent de pierres dures et de matériaux divers, d'émaux, de laques et de niel afin de faire varier les formes et les couleurs. Le joaillier quant à lui se sert des métaux précieux pour monter les gemmes.

Les montres, notoirement imprécises jusqu'à l'invention du spiral réglant par Huygens en 1675, sont des bijoux portés en évidence sur le vêtement comme signes de puissance, de richesse, de modernité et d'ouverture d'esprit. Les plus anciennes qui nous sont parvenues sont en laiton mais des textes font état de montres en or ou en argent. Leur décor est moulé ou gravé, souvent repercé. A la fin du XVIIe siècle, les inventaires, tels ceux d'Elisabeth Ière d'Angleterre et de Gabrielle d'Estrées en particulier, font état de montres exceptionnelles rehaussées de diamants, rubis, saphirs, émeraudes et perles, voire de portraits en émail. D'autres, aujourd'hui propriété de collectionneurs privés ou de musées, ont leur mécanisme inséré dans des gemmes évidés tels l'émeraude, le cristal de roche, l'agate, le grenat, le jade ou l'ambre.

Dès le XVIe siècle, les émaux incorporés au travail de l'orfèvre-joaillier jouent un rôle prépondérant. Essentiellement exécutés à Limoges, portraits et motifs isolent les pierres les unes des autres. Des zones monochromes et translucides, par leur teinte et leur éclat, imitent pierres dures ou précieuses. L'année 1630 marque le début de la peinture sur émail. Après maints essais, Jean Toutin, orfèvre de Chateaudun (centre de la France) met au point toute une palette d'émaux épais, opaques et résistants, aptes à se mélanger les uns aux autres comme peuvent l'être les couleurs de la peinture à l'huile. Le succès international de ce procédé et de ses résultats, qui durera plus de deux siècles, est immédiat. Les émailleurs sur boîtes de montre choisissent leurs modèles dans des recueils de gravure tels « Le livre de toutes sortes de feuilles pour servir l'art d' orfèbrie (sic) » de Jean Caillart (1629), « Le livre de fleurs et de feuilles pour servir l'art d'orfèvrerie » de F. Lefebvre (1635) ou ceux de Jacques Vauquer, de Gilles Legare et de bien d'autres. Ils s'inspirent également de peintures de Simon Vouet, Sébastien Bourdon et Laurent de la Hire en particulier.

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