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Montres précieuses

La montre joaillière suisse

De 1675 à 1895

Montre à répétition à quart et à automates musiciens

Entre 1750 et 1850 environ, les émailleurs genevois perfectionnent leur art à tel point que de nombreux horlogers européens font appel à leur talent. Les montres suisses acquièrent ainsi un style international et nombreuses sont celles qui portent la signature de maîtres horlogers helvétiques, anglais ou français.

A partir des années 1780, la peinture sur émail qui occupe la totalité du fond de la boîte est entourée d'un rang de demi-perles. Elle est recouverte d'un fondant mis au point à cette époque à Genève. Cette glaçure incolore et protectrice met les motifs décoratifs en valeur et accentue le jeu des reflets.

A la fin du XVIIe siècle et durant tout le XIXe siècle, certains ateliers se spécialisent dans la montre joaillière destinée au marché chinois. La maison Bovet installée à Fleurier, suivie par d'autres telles Dimier, Juvet et Vaucher, crée des modèles à trotteuse centrale et mouvements finement gravés, vendus par paire pour répondre aux coutumes de la Chine. Leurs boîtiers aux couleurs vives sont ornés de riches décors émaillés sous glaçure et cernés d'un rang de demi-perles.

Dès 1780 toujours, la montre fantaisie caractéristique des XVIe et XVIIe siècles réapparaît. Les formes autrefois empruntées aux mondes animalier et végétal inspirent de nouveaux modèles : papillons, roses, marguerites, pêches, poires, pommes, oranges, fraises, melons, noix, etc. D'autres voient alors le jour : corbeilles, instruments de musique miniaturisés tels que violons, luths, harpes et bien d'autres. Perles et rubis sertissent les montres en forme de cœur ornées d'un petit amour peint sur émail. En parallèle, la montre s'attribue de nombreux accessoires vestimentaires : pommeaux de cannes, tabatières, pistolets lance-parfum, manches d'éventail, lorgnettes de théâtre qui s'ornent de gravures, d'émaux et de pierres précieuses. Très lumineux, ces objets s'adressent à une clientèle aisée. Genève est alors le centre de production incontesté des montres de fantaisie, mais Paris, Londres et Vienne notamment s'illustrent également dans ce domaine. Partout, l'émail aux couleurs éclatantes prédomine. Pierres précieuses et demi-perles donnent du relief à l'objet en faisant ressortir corps et antennes des insectes, en soulignant les nervures des feuilles ou en affirmant le contour des cadrans.

Les bagues-montres apparues dès le XVIe siècle reviennent à la mode vers 1780. De formes ovales ou rectangulaires, leur lunette se rehausse généralement de perles et de diamants. Leur cadran souvent excentré dégage un espace pour montrer le balancier ou une scène d'automates. Cette disposition est reprise dans les montres-bracelets des années 1800 - 1810.

Après une éclipse au cours de la période 1830-1890 durant laquelle la montre, perçue comme un objet fonctionnel et technique, perd tout aspect joaillier, la montre fantaisie réapparaît avec l'Art Nouveau. Fleurs, rameaux, insectes émaillés et scintillants de pierres précieuses sont copiés avec un tel réalisme qu'ils préparent, par réaction, la montre Art Déco aux décors stylisés.

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