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Google: Affronter l'avenir en l'inventant

Patrick Warnking

Après avoir dirigé différents départements au sein de Google Allemagne, notamment dans le secteur des médias, des jeux, du cinéma, de la télévision et de l’édition, Patrick Warnking est à la tête de Google Suisse depuis 2011. Titulaire d’un diplôme de l’université de Saarbrücken, diplôme complété par un cursus à l’université Bocconi, à Stanford et à la Singularity University, Patrick Warnking a précédemment travaillé pour le groupe de télévision le plus important d’Allemagne.


Pour Google, l’avenir est « smart »

Selon le géant américain, la clé du succès tient en un seul mot : « innovation ». Raison pour laquelle la firme travaille d’arrache-pied pour rendre intelligents les objets de notre environnement immédiat.

Comme l’expliquait lors du récent Forum de la Haute Horlogerie Patrick Warnking, Directeur général de Google Suisse, aussi incongru que cela puisse paraître, la référence absolue au sein de la firme de Menlo Park est la… brosse à dents. « Notre objectif est en effet d’offrir des solutions aussi utiles, voire indispensables, que cet instrument de notre vie quotidienne et d’une même simplicité d’utilisation », expliquait-il. À pousser la comparaison jusqu’au bout, cette analogie n’est pas sans donner une vertigineuse profondeur de marché.

Dans l’absolu, tout être humain devrait en effet être doté d’une brosse à dents, même si cette hygiénique perspective n’offre aucune solution aux problèmes d’accès à l’eau potable. Or, dans le même ordre d’idées et selon la vision du monde développée par Google, tout être humain devait être connecté. Si tel n’est pas le cas, il est toutefois quasi certain que cette « lacune » risque d’être comblée bien avant que l’on ait résolu les difficultés d’approvisionnement en eau. Dans les deux cas, on a beau parler un même langage en termes de débit, du côté de la brosse à dents, il est assurément plus faible.

Un marché potentiel de 5 milliards de clients

Inutile de dire que, pour Google, la comparaison s’arrête là. « Rendez-vous compte, s’exclamait Patrick Warnking, au seul Royaume-Uni, le taux de pénétration des smartphones est passé de 30 % à 60 % en à peine deux ans ! Un tel engouement pour ces appareils ne doit toutefois pas nous faire oublier qu’à fin 2014 2,8 milliards d’individus auront une connexion à Internet, soit « seulement » 39 % de la population mondiale. » Si l’on retourne l’équation, cela veut dire qu’actuellement quelque 5 milliards de personnes restent encore en marge du réseau des réseaux, 5 milliards de clients potentiels pour des firmes comme Google. Rares sont les compagnies à pouvoir se lancer dans des projections commerciales aussi absolues. Ce que n’hésite d’ailleurs pas à faire Eric Schmidt, le grand patron de Google, pour qui les 8 milliards d’êtres humains qui peupleront cette planète en 2020 seront autant d’internautes confirmés.

Et Google entend être en première ligne pour les servir. Son leitmotiv : la valeur ajoutée intelligente au bénéfice de l’utilisateur. En d’autres termes, la compagnie californienne met toute sa puissance financière dans la recherche et développement de solutions permettant de transformer les objets de notre quotidien en artefacts « intelligents ». L’exemple des smartphones parle de lui-même. Place donc aux montres, lunettes, voitures, verres de contact et plateformes internet auxquels Google est en train d’insuffler des neurones numériques, pour certains projets en collaboration avec les grands noms du secteur comme Novartis en ce qui concerne les verres de contact ou encore Audi, GM, Honda, Hyundai et nVIDIA dans le domaine automobile.

Tous d’accord

Point n’est besoin de tergiverser longtemps : pour Google, l’avenir là, à portée d’innovations. Selon Patrick Warnking, la plupart des grandes firmes sont d’ailleurs engagées à 100 % dans la démarche, à l’image de Nestlé et sa Digital Acceleration Team. Celle-ci a pour mission d’observer tout ce qui se dit de l’entreprise sur le Web afin d’orienter, si besoin, la stratégie de la marque selon le principe « le consommateur est mon professeur ». En appoint de cette nouvelle fonction au sein du géant de la nutrition : une salle de surveillance du Net digne des tours de contrôle les mieux équipées. Jamais, peut-être, le consommateur qui sommeille en nous n’avait été mieux surveillé. Certainement pour lui servir un petit déjeuner « intelligent » à son réveil.

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