La décoration et la gravure du mouvement

Crédits: Ébavurage © FHH

La plupart des mouvements sont cachés du regard, protégés de l'humidité et des poussières à l'intérieur de leur boîte. Certains, pourtant, peuvent être admirés grâce à un fond de boîte en verre saphir qui dévoile la complexe géométrie des rouages, ponts et mécanismes de la montre.

Quelle n'est pas alors la surprise de constater que chacune de ces minuscules pièces est terminée avec un soin au moins égal à celui employé à achever et à décorer l'extérieur de la montre.

Même en l'absence d'un fond transparent, tous les mouvements de Haute Horlogerie ont la même richesse décorative, alors que seul l'horloger qui ouvrira la montre pourra en contempler la beauté intérieure.

Pourquoi est-ce ainsi? Pourquoi ce travail apparemment superflu?

Chaque mouvement de Haute Horlogerie est individuellement et patiemment monté, réglé, testé. Le soin extrême apporté à la finition de chaque pièce n'est pas seulement une question de beauté, il est aussi une façon de garantir sa perfection technique. Nul ne s'aventurerait à polir longuement, à graver ou à orner une pièce imparfaite. Ce n'est qu'une fois façonnés, puis contrôlés un à un, que les composants d'un mouvement passent à la décoration, avant d'être finalement assemblés. Cette exigence de perfection décorative intérieure est donc aussi valable pour les mouvements que nul ne verra jamais.

La finesse et la complexité de ce travail de finition et de décoration s'épanouit dans les montres "Squelette". Conçues pour laisser voir en transparence la beauté et la complexité architecturale de leur mouvement, elles démontrent la plénitude de l'art décoratif horloger.

Dans un mouvement de Haute Horlogerie, toutes les surfaces des pièces sont retravaillées de façon à éliminer toute trace d'usinage. La moindre roue, le plus petit pignon sont traités, finis, polis, cerclés ou moulurés. Chaque étape exige sa technique artisanale propre et l'emploi d'outils spécifiques issus d'une longue tradition.

Les techniques employées sont variées, à commencer par le polissage des éléments, surfaces et arêtes. Celui-ci exige un doigté très fin car le polisseur, travaillant avec une pâte ou des poudres abrasives, entame le métal de la pièce.

Les différents types de polissage et de brossage permettent de varier les apparences, les textures et les reflets :

  • le brossage strie le métal à différents degrés ;
  • le satinage qui lui procure un éclat plus doux ;
  • le perlage ou œil-de-perdrix consiste à décorer le métal de cercles concentriques ;
  • dans la décoration ‘soleillage’, les stries rayonnent à partir d’un point concentrique ;
  • le polissage miroir, considéré comme le plus difficile à réaliser, fait briller le métal de tout son éclat ;
  • le colimaçonnage décore les composants de stries en forme de spirale ; elles partent d’un point concentrique.

Les arêtes de chaque pièce sont également polies et finement anglées; un art en-soi. L'effet, superbement lumineux, est aussi utile: des pièces polies et anglées seront plus résistantes et moins sensibles à la corrosion.

Les surfaces des pièces plus importantes, tels les ponts, sont souvent décorées de stries régulières et parallèles, droites ou circulaires (comme, par exemple, les "Côtes de Genève") exécutées sur un tour à l'aide d'un bois très dur.

Certaines pièces sont également gravées à la main ou encore ciselées. Avec une virtuosité exceptionnelle, le graveur incise la matière et crée des motifs qui confèrent à l'ensemble du mouvement une élégance et une émotion rares, signes de la Haute Horlogerie.

Le graveur

Métiers en relation:

Retour