Il y a une dizaine d’années, une marque de Haute Horlogerie de la vallée de Joux avait fait bien attention à ne pas perturber les truites du ruisseau voisin lors de ses travaux d’agrandissement. À l’époque, cette « délicate » attention avait un peu fait sourire. Mais aujourd’hui, personne n’est surpris à l’annonce de pareilles initiatives. Au contraire, le public est demandeur. On pourrait même parler d’une vague de moralité qui augmente les attentes des consommateurs, surtout lorsqu’ils se recrutent au sein des jeunes générations, et encore plus lorsqu’il s’agit de marques de luxe. Pressées par l’air du temps et l’opinion des millenials, presque toutes les marques de Haute Horlogerie se préoccupent désormais de développement durable. Encore faut-il voir comment chacune des Maisons considère cette approche, en sachant que les possibilités sont vastes, des économies d’énergie aux concepts de mobilité douce, de la préservation des ressources aux initiatives sociales. Petit tour d’horizon non exhaustif.
Des immeubles écologiques
Les bâtiments des marques sont évidemment leur première carte de visite et, à chaque nouvelle inauguration, la liste des performances énergétiques complète les prouesses technologiques ou de production. Dernier « bijou » en date tout juste inauguré, la manufacture d’IWC, en périphérie de Schaffhouse, répond bien sûr à de telles préoccupations. « Nous avons pris en compte l’aspect de la durabilité, commence Andreas Voll, COO de la marque. Par exemple, nous avons installé un système photovoltaïque sur le toit et nous obtenons l’eau pour le refroidissement et le chauffage à partir de deux points de captage. Nous limitons la consommation énergétique en contrôlant automatiquement l’éclairage et en utilisant des sources lumineuses à LED. Un système voilant la lumière, commandé par capteur, évite l’apport de chaleur inutile. Enfin, comme c’est le cas au siège, dans la vieille ville de Schaffhouse, nous récupérons la chaleur de nos installations et nous utilisons uniquement de l’énergie hydraulique suisse sans CO2. »