Ce qui est vrai dans le secteur automobile ne relève certainement plus de l’utopie dans l’univers horloger, d’autant que ces deux marchés montrent des caractéristiques fort similaires. Si l’on prend l’exemple de la France, on observe le ratio de 3,5 occasions vendues pour 1 véhicule sorti d’usine. L’explosion des prix du neuf, qui ont augmenté de 25 % sur les quatre dernières années, sans parler des délais d’attente sur certains modèles, explique notamment cet engouement pour les voitures de seconde main, un marché dont la croissance ne faiblit pas.
La situation est-elle si différente en ce qui concerne les montres ? Certainement pas, même si le niveau de maturité des deux marchés n’est assurément pas le même. Une question de temps ? Si l’on en croit le dernier rapport Deloitte sur la question édité fin 2024, les ventes de montres d’occasion – essentiellement des garde-temps helvétiques – vont rattraper celles des modèles neufs au cours de la prochaine décennie. Selon les statistiques de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), qui font état d’exportations annuelles 2024 de CHF 26 milliards, cela représente des ventes au détail de montres neuves de l’ordre de CHF 65 milliards que vont donc bientôt égaler celles des modèles de seconde main. De quoi se réjouir, selon la vaste majorité des dirigeants de l’industrie horlogère sondés par Deloitte.